Pompes funèbres 2.0 : quand l'IA rédige vos éloges  - Décès IA Intelligence artificielle Pompes funèbres
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Pompes funèbres 2.0 : quand l'IA rédige vos éloges

Image d’illustration © cottonbro studio|Pexels|Pexels

Un article du Washington Post s’intéresse à l’irruption de l’intelligence artificielle dans le domaine funéraire pour la rédaction d’avis de décès, notices nécrologiques et éloges funèbres. Le média s’appuie sur des entretiens avec des directeurs de pompes funèbres, des familles endeuillées, des experts en éthique ainsi que des représentants d’entreprises spécialisées en IA funéraire.

Lors de la dernière conférence de la National Funeral Directors Association, l’IA était sur toutes les lèvres. Et des centaines de maisons funéraires à travers le pays s’y sont mises.

Un phénomène d’ampleur

Hausse du nombre de décès, pénurie de personnel qualifié, appât du gain, les pompes funèbres se tournent de plus en plus vers l’IA, capables de générer des avis de décès quasi instantanément pour presque rien à partir de pas grand chose (quelques informations de base). Selon Josh McQueen, de la société Passare, leur IA a déjà rédigé « des dizaines de milliers d’avis de décès » dans tout le pays ces dernières années.

Pour les familles, souvent submergées par le chagrin, l’IA offre un soulagement : plus besoin de trouver les mots justes dans la douleur, il suffit de remplir un formulaire et d’attendre quelques instants. Les directeurs de funérailles, eux, apprécient la rapidité et la simplicité du procédé, qui leur permet de gérer plus de dossiers, avec moins de personnel.

Des textes (presque) gratuits, mais pas sans défauts

Cette efficacité a un prix : de nombreux critiques dénoncent la froideur et la banalité des textes produits. « Un simulacre générique », déplore Irina Raicu, directrice de l’éthique internet à Santa Clara, qui craint que l’on perde « la couleur des relations humaines et des expériences vécues ».

Des erreurs factuelles, des dates et anecdotes inventées ou des formulations maladroites ont déjà été relevées, ce qui peut ajouter à la douleur des proches. Certains regrettent aussi la disparition de la voix singulière de l’auteur, ce « je » qui permettait de voir le défunt à travers les yeux de ceux qui l’aimaient. « J’entends la voix de mon ami quand il parle de ses proches. C’est ça qui disparaît », confie Raicu.

Que voulons-nous vraiment laisser derrière nous : Des mots aseptisés imprimés à la chaîne ou… des souvenirs ?

Sources : Washington Post et WebProNews